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[Interview] Marie-Chantal, Intervenante Sociale

Ce mois-ci, Marie-Chantal, intervenante sociale au sein de la communauté d'Emmaüs Lyon, nous offre son ressenti

sur son expérience dans l'association avant son départ en retraite fin juin.

 

Qui suis-je ?

Je suis "intervenante sociale" depuis plus de 10 ans à la Communauté d'Emmaüs Lyon et auparavant j'avais travaillé dans un contexte fort différent et notamment en CCAS (AS en mairie), en UDAF (déléguée aux tutelles) mais surtout j'ai été plusieurs années avec un statut "d'éducatrice scolaire" dans un foyer d'accueil de jeunes en difficulté à Pau. J'ai beaucoup apprécié d'élargir ainsi mon horizon et d'arriver à ce poste avec plus de maturité.

 

Mes missions

Le fil directeur des missions de l’Intervenant Social est l’accompagnement dans la construction du projet de vie du compagnon (en lien avec les responsables) dès son entrée dans la Communauté jusqu’à son départ voire au-delà, le temps de mettre à jour sa situation avec le droit commun s’il retourne à l’emploi. L‘écoute, l’aide, le conseil sont essentiels. La mise à jour des droits sociaux et notamment la couverture santé sont primordiales. Et avec 8 retraités, il a fallu jongler d’une part avec les services d’aides à domicile et d’autre part les demandes de régularisation pour les personnes « sans papiers » : Emmaüs c’est tout un univers !

 

Pourquoi Emmaüs ?

Nous avons déménagé sur Lyon et après une période de chômage où j'ai découvert le terrain social grâce à deux CDD en tant que simple "agent d'accueil" sur la Péniche « Le Balajo » qui propose un accueil de jour aux "sans abris", j'ai répondu à une annonce proposée pour remplacer l'intervenante sociale de la Communauté qui partait en congé maternité et voulait se rapprocher de chez elle. "Ce passage" d'une péniche (avec sa passerelle au cœur d'une cité riche de ses ponts !) évoque ici pour moi tout un chemin de réinsertion, et cette symbolique me tient à cœur !

Dans le contexte de la Communauté, j'ai trouvé des hommes et des femmes qui, par le biais du travail et "l'activité solidaire", ont trouvé une nouvelle dignité et le choc est radical lorsque l'on a été au contact des personnes qui vivent à la rue.

 

Quel est votre rapport avec les autres salariés, les membres du bureau ou bien les bénévoles ?

" Le trépied" à Emmaüs, socle formé par les compagnons, salariés et bénévoles, est un point d'ancrage fort et incontournable, aussi j'ai toujours eu à cœur d'être habitée par cette nécessité d'être un maillon entre tous.

Je suis salariée de l'Association et je travaille avec les responsables qui sont les gestionnaires de la communauté, c'est donc eux qui gèrent les activités solidaires et l'accueil ou le départ des compagnons. Il s'avère en conséquence indispensable de bien travailler ensemble.

Les bénévoles partageant les activités solidaires ont parfois une grande proximité avec les compagnons et ils peuvent nous solliciter pour mieux les comprendre, mais nous avons un devoir de réserve, lié au secret professionnel. Par ailleurs, certains bénévoles m'apportent des renseignements qui peuvent confirmer ou non certaines de mes observations, et dans certains cas, leur regard n'est pas à négliger. C'est tout l'art du travailleur social qui est en jeu pour savoir formuler les choses, garder le recul nécessaire et reconnaitre la bienveillance aussi qui est au cœur du bénévolat.

 

Avec qui travaillez-vous en dehors des compagnons ?

Je suis toujours très en lien avec des partenaires hors Communauté notamment la CPAM (mais il y en a d'autres) et beaucoup en réseau avec mes collègues Intervenants Sociaux impliquées sur d'autres Communautés, plus particulièrement celles de ma région (rencontres régionales et une nationale pour partager et affiner nos pratiques). Depuis 2 ans, une collègue de la Communauté de Bourgoin intervient en complément de mon poste pour accueillir les nouveaux compagnons car l'effectif est passé d’une moyenne de 55 personnes à 85 depuis l'ouverture d'une nouvelle résidence de proximité en mars 2016 !

 

Au travers de votre métier, comment percevez-vous l’évolution de la Communauté ?

L’évolution de la Communauté est considérable compte-tenu de ce que j'ai dit précédemment. La communication ayant été au cœur des objectifs de l’Association ces dernières années, nous avons fait bouger beaucoup de lignes pour être mieux perçus et reconnus et l'ouverture de 2 boutiques (2012 puis 2015) a aussi été un facteur de changement fantastique.

Face au nombre croissant de personnes accueillies, il faut être vigilant et préserver l'idée de Communauté : le "être avec" et "faire avec" sont des piliers invisibles de l'esprit communautaire insufflé dès l'origine par l'Abbé Pierre, et avec le nombre de compagnons et l’activité économique qui s'accroît, il faut je pense, veiller à ce que ni l'esprit d'entreprise, ni l'individualisme ne fassent perdre ce qui est notre vraie richesse.

 

Qu’est-ce que vous apporte votre métier au quotidien ?

Là, je cite un texte de Joël Jousseaume, responsable d'une Communauté car il résume parfaitement ce que je vis et ressens :

« Quand j’accueille un compagnon, il entre dans ma vie ! C’est dans cette relation que je puise le cœur de ma fonction, c’est elle qui en imprime le sens, et surtout en fait un engagement. Chaque rencontre avec un nouvel arrivant devient une aventure (…) et la magie dans cette affaire, c’est que lorsque nous prenons le risque d’une telle rencontre, c’est nous aussi qui nous révélons à nous-mêmes. C’est nous aussi qui grandissons avec l’autre. C’est nous aussi qui nous enrichissons de sa proximité. Là, est la source de notre fraicheur et de notre renouvellement, professionnel et intérieur. Et de cela, je suis convaincu ! »

 

Comment gérez-vous la charge émotionnelle qu’implique votre métier ?

Nous sommes formés à gérer cette charge émotionnelle mais il est essentiel de savoir prendre du recul et de cultiver un équilibre personnel et spirituel (famille, intériorité, activités autres…) pour garder le cap.

 

Un mot à dire sur le mouvement Emmaüs ?

Une très belle Aventure avec un A majuscule bâti sur 2 branches, celle d'un toit et celle d'un mat !

 

Un conseil à donner aux jeunes qui intègrent la vie professionnelle ?

Avec les mots d'un humaniste lyonnais qui a sa statue place Bellecour entre terre et ciel, et ce n'est pas pour rien que cet aviateur écrivain  a écrit "Terre des hommes " :

« Ne jamais rencontrer l’homme dans sa surface mais au septième étage de son âme, de son cœur et de son esprit ».  Antoine de St Exupéry (Citadelle) 

 

Merci énormément Marie-Chantal pour tout ce que tu as apporté !

NOUS TE SOUHAITONS BONNE CONTINUATION

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